Recrudescence de cas psychiatriques à Sunnydale

Depuis quelques mois, les services de psychiatrie sont saturés dans les hôpitaux de Sunnydale et le docteur McCarthy, responsable du service Psychiatrie du Memorial Hospital va jusqu’à qualifier la situation de « préoccupante ». Depuis le mois d’octobre s’accumulent dans les différents services des patients sans antécédents psychiatriques, et dont les familles, aussi surprises qu’inquiètes, peinent à en expliquer les raisons. Ce fut le cas cette semaine encore d’un facteur de 36 ans retrouvé errant près des Castle Green Appartements, en pleine tournée à Castle Green Park, incapable de se souvenir de son identité ni de ses proches. L’homme était livide et tenait des propos incohérents.
En novembre dernier, plusieurs patients internés se sont donné la mort dans le service du Memorial Hospital, sans que l’infirmière de garde cette nuit-là ne voit rien. Il a été supposé que le premier d’entre eux s’était suicidé et que les autres patients ont tous suivis par imitation. Mais les patients étaient tous attachés à leurs lits et le rapport, étrange, concluait à une mort collective par étouffement, avec des soupçons portés sur l’infirmière de garde. En dépit de ce sordide fait divers qui a valu des ennuis judiciaires au Memorial Hospital, le service psychiatrie s’est à nouveau rempli depuis et d’autres demandes affluent encore. C’est plus de 50 cas qui ont été enregistrés au Memorial Hospital et à l’hôpital Twinky Defenses depuis quatre mois, du jamais vu à Sunnydale, ni nulle part ailleurs !
Plusieurs facteurs peuvent provoquer une perte de contact avec la réalité (psychose ou « folie » au sens populaire) chez une personne sans antécédents psychiatriques. « Cela s’appelle souvent une psychose secondaire ou organique, par opposition aux troubles psychiatriques primaires comme la schizophrénie qui ont généralement une évolution plus progressive et des facteurs de vulnérabilité antérieurs » nous explique le docteur McCarthy. « Une apparition brutale oriente fortement vers une cause médicale, toxique ou situationnelle plutôt que purement psychiatrique » poursuit-il.
Tout d’abord il y a les causes liées aux substances psychoactives ou les intoxications aux drogues, ce qui n’est pas sans nous rappeler le lien entre le début des apparitions de cas psychiatriques à Sunnydale et la rave party qui avait eu lieu près d’un terrain privé dans la zone industrielle, où l’on avait retrouvé deux gardiens dans un état de psychose avancé. Cette rave party pourrait avoir vu circuler tout un tas de drogues telles que des amphétamines, de la cocaïne, du LSD, de la kétamine ou bien plus dangereux encore. A l’heure actuelle, c’est une piste très sérieuse pour les équipes de médecins et d’infirmiers qui encadrent ces nouveaux patients. Notons que les phases de sevrage peuvent aussi provoquer des troubles psychiatriques tout comme certains médicaments prescrits.
Il y a ensuite les causes médicales et neurologiques, dites « organiques », telles que les infections, les troubles métaboliques, les déficiences alimentaires, les lésions cérébrales ou encore les maladies auto-immunes. Mais ces causes s’accompagnent souvent d’autres signes comme de la confusion, de la fièvre, des maux de tête, des anomalies neurologiques ou biologiques, ce qui fait que le docteur McCarthy écarte ce diagnostic chez la plupart de ses patients actuels.
Reste les facteurs situationnels ou physiologiques, comme la privation sévère de sommeil, les risques hormonaux ou -et c’est la théorie envisagée par McCarthy- un stress extrême ou un traumatisme, comme dans le cas d’un deuil, d’un accident ou d’une agression. Pour McCarthy, c’est la piste la plus certaine pour expliquer cette recrudescence invraisemblable de cas en quatre mois ! « Il se passe trop de choses à Sunnydale depuis quelques années. Nous sommes nombreux à connaître quelqu’un qui est mort ou qui a disparu dans des circonstances brutales ou étranges ! On a vu dans cette ville des prises d’otages, des fuites de gaz hallucinogènes, des sectes et des meurtres rituels ! Notre précédent maire a été tué, et son adjoint avant lui. Nous sommes bercés d’histoires folles et de rumeurs idiotes. Il y a deux mois une météorite est même passée au-dessus de nos têtes ! résume McCarthy. Il faut imaginer le stress que nos concitoyens vivent au quotidien. Le traumatisme que représente toutes ces morts non élucidées. Je ne m’attendais pas à un tel nombre de cas en si peu de temps mais je ne suis qu’à moitié étonné ». Au regard de cette énumération des faits, il est vrai que les résidents de Sunnydale ont de quoi devenir « fous ».
Benjamin Wilkinson, un jeune interne passionné par son métier, et affecté à ce service il y a justement quatre mois, nous confie : « On ne note presque aucune évolution positive chez nos patients depuis quatre mois, et le service est tellement plein à craquer qu’on doit renvoyer certains patients dans leur famille, alors que leur état nécessite des soins et une surveillance permanente. Je suis assez désespéré, je voudrais endiguer ce phénomène et pouvoir faire plus pour eux ».
